Charles SCHAAF


Compositeur chef d'orchestre.

C'est parce qu'il hésita un jour entre un violon et une bicyclette (et choisit finalement le violon) que Charles SCHAAF joue aujourd'hui de la clarinette.

Histoire incohérente ? Que non.

Mais il faut être Alsacien comme lui pour comprendre. C'est à Hoenheim, village de la ceinture suburbaine de Strasbourg que notre histoire se situe. Un colporteur est là (la race n'en est pas tout à fait éteinte en Alsace) et propose mille merveilles qui fascinent les gamins. Dans l'estime du tout jeune Charles, c'est le violon qui l'emporte. Le violon et... la musique en général.

Remarquablement doué, il passe du violon au violoncelle sur le conseil d'un voisin qui professait cet instrument et du violoncelle à la clarinette pour avoir le droit de faire partie de l'Orphéon local.

Là aussi, il faut être Alsacien pour comprendre ce que cela représente. Si nous qualifions de flonflons ce style musical parce que les cuivres y dominent, il faut écouter mieux et l'on y trouvera des trésors de mélodie et de technique. Car la musique dite populaire en Alsace et déjà une musique de qualité.

La meilleure preuve en est que parallèlement, Charly fréquente le Conservatoire de Metz, où il remporte un prix de clarinette, et le Conservatoire de Strasbourg où il brille au violoncelle.

Mais soudain changement de décor, de rythme et de style.

Charly SCHAAF est à Paris, au Lido où il tient le saxo et la clarinette. Don Parker, Carlitos, Mareck Weber et Jo Bouillon seront ses chefs d'orchestre. Stéphane Grapelly, le regretté Django Reinhardt, Al Foffmann, Richard Blareau, Jacques Metehen et Georges Derveaux seront ses compagnons.

Puis il composera, sept ans durant.

Et retournera enfin aux sources, le style champêtre alsacien, Charly SCHAAF, qui fit son premier bal champêtre à seize ans, sera plus de trente ans après à nouveau à la tête de ce genre de formation. Avec un brio qui le classe parmi les grands noms de ce que l'on pourrait appeler le hit-parade local (si ce terme anglo-saxon était traduisible en dialecte alsacien) : les Lustige Steckelburjer de Papa Rieb, le Schnokeloch Kapell et plus récemment les ensembles crées par les deux grandes brasseries Kronenbourg et Pêcheur.

Lequel est le meilleur. Difficile à dire. En tous cas, le dernier 33 tours de Charly SCHAAF soutient la comparaison... et l'emporte peut-être. Son titre : S'Wynfescht im Elsass c'est-à-dire la fête du vin en Alsace. A savourer bien frais.

34, rue de Bellefond, 75 - PARIS (9e).

Dernière mise à jour : 11-Déc-2008